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Les 3 grandes réussites de la saison inaugurale de la CPL
Canadian Premier League

La saison inaugurale de la Première ligue Canadienne nous a laissé son lot de grandes premières et de moments historiques. Elle nous a aussi (surtout!) permis de découvrir un circuit avec un niveau déjà très intéressant et une marge de progression unique au monde. Sans parler de la mise en valeur d’une myriade de pépites locales, qui ont brillé de leurs plus beaux feux grâce à cette nouvelle opportunité.

Il y en a tellement en fait, qu’une énumération de moments – ou de joueurs – précis rendrait difficilement justice à l’exploit collectif phénoménal qui a été réussi par la ligue et ses sept clubs fondateurs en cette première saison.

J’ai donc identifié trois grandes réussites de la Première Ligue Canadienne en 2019, qui sont également des piliers incommensurables pour sa saine croissance et sa viabilité.

3 – La rivalité Cavalry – Forge (et l’impact des deux clubs outre-CPL)

La première a dominé confortablement les saisons printanière et automnale de la Canadian Premier League. La deuxième a fait preuve d’opportuniste au meilleur moment pour ravir le tout premier championnat de l’histoire du circuit, après avoir talonné le Cavalry tout au long de l’année.

L’une a fait écarquiller les yeux un peu partout au pays avec son idylle héroïque en Championnat Canadien, devenant au passage la première équipe de la CPL à battre un rival de la MLS (les Whitecaps de Vancouver) et donnant énormément de fil à retordre à l’éventuel champion, l’Impact de Montréal. L’autre a hissé bien haut le drapeau de la Première Ligue Canadienne dans le continent, grâce à un parcours remarquable jusqu’aux huitièmes de la Concacaf League, laissant dans son sillon Antigua GFC (Guatemala) et chauffant au possible un rival aussi compliqué que CD Olimpia (Honduras).

Si le niveau général de la CPL a agréablement surpris fans et observateurs de Victoria à Halifax, il est indéniable que Calgary et Hamilton en ont été les référents, autant en matière de style que d’efficacité. Pour tout championnat, qu’il soit jeune ou centenaire, ces rivalités purement sportives, et non géographiques ou historiques, sont toujours une grande bénédiction.

En tout et partout, c’est à neuf affrontements Cavalry-Forge que nous avons eu droit en 2019. Des duels plus bouillants les uns que les autres et, bien qu’il soit peu probable d’en revoir autant en 2020, on peut s’attendre à ce que ce nouveau Classique canadien continue de s’enraciner et de s’intensifier lors de la deuxième année de la CPL.

2 – L’entente de diffusion avec le groupe Mediapro

Avant même que le tout premier coup de sifflet de son histoire n’ait retenti, la Première Ligue Canadienne avait déjà acquis une stabilité vitale pour la prochaine décennie, grâce à son partenariat de production et de diffusion de dix ans avec le géant espagnol des communications Mediapro.

L’implantation subséquente de la plateforme OTT OneSoccer a marqué un avant et un après dans la manière que les fans de soccer canadiens consomment le soccer d’ici, avec la diffusion des matchs de la CPL, certes, mais aussi du Championnat canadien, et des équipes nationales féminine et masculine, qui étaient plus souvent qu’autrement ignorés par les réseaux traditionnels locaux dans un passé pas si lointain.

Mediapro, qui génère des revenus annuels avoisinant les 2.5 milliards de dollars, a ouvert des bureaux à Toronto en 2019 et travaille étroitement à évaluer les opportunités de distribution et de partenariats avec Canadian Soccer Business, l’entité qui s’occupe de la gestion et la mise en marché des inventaires commerciaux (publicité) et des droits de diffusion de la CPL et autres propriétés liées à Soccer Canada.

Bref, les fondations sont solides et l’attrait de la CPL pour des investisseurs, locaux et/ou étrangers, est indéniable. Avec des marchés aussi intéressants qu’Ottawa, Québec et Regina (j’en passe!) toujours à défricher, il y a fort à parier que les expansions se succèderont au cours des prochaines années.

(Source : sportspromedia.com)

1 – L’affirmation de la jeunesse canadienne

La seule et unique manière de rétrécir, voire combler l’important écart qu’il existe encore entre le Canada et les meilleurs programmes masculins de la Concacaf (et d’ailleurs) était l’implantation d’un circuit professionnel national. Ça faisait des décennies qu’on le savait. Ça faisait des décennies qu’on en parlait. Ça faisait des décennies qu’on procrastinait.

L’avènement de la Première Ligue Canadienne est donc ce pas de géant que notre nation avait trop longtemps repoussé et dont la mission première est d’offrir aux jeunes footballeurs canadiens des opportunités tangibles et viables de poursuivre une carrière professionnelle, sans avoir à s’exiler aux États-Unis ou outre-mer.

La saison inaugurale du circuit a non seulement permis à la jeunesse canadienne de s’affirmer, elle lui a donné un premier rôle qui a été joué avec brio.

Tristan Borges (Forge FC), le joueur le plus utile et meilleur buteur de la ligue a récemment soufflé sa 21e bougie et est déjà convoité par certains clubs de la Major League Soccer et d’Europe, en plus de cogner aux portes de la sélection nationale. Parlant d’Équipe Canada, le gardien par excellence de la saison 2019, Marco Carducci (Cavalry) a reçu l’appel tant convoité de John Herdman peu avant son 23e anniversaire, devenant ainsi le premier joueur de la CPL à se mériter l’honneur – Amer Didic (FC Edmonton) et Dominick Zator (Cavalry) ont suivi.

D’autres joueurs ont profité de l’occasion pour faire le saut du semi-pro à la première division, comme le montréalais de 21 ans Diyaeddine Abzi, qui s’est fait remarquer par le staff technique de York9, alors qu’il défendait les couleurs de l’AS Blainville lors du Championnat Canadien 2018. L’année suivante, Abzi a non seulement réussi à se tailler un poste avec les Nine Stripes, il s’est imposé comme l’un des latéraux les plus dominants du circuit. Certains ex-FC Montréal, comme David Choinière (22 ans, Forge FC) ou Louis Béland-Goyette (24 ans, Valour FC) pour ne nommer qu’eux, ont aussi réussi à s’imposer dans le circuit Clanachan.

Une autre grande réussite pour la CPL, sa plus importante, alors que le Canada rattrape le temps perdu et gravit les échelons du soccer international masculin plus vite et plus méthodiquement que jamais!